Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /Avr /2009 20:31


  De la soupe, pour mon compte, j’en ai mangé des marmitées… mais ça ne m’a pas fait grandir pour ça, tous les soirs : des truffes… Chacun se les pieume(éplucher), avec de la salade, ben éguermillées, ben touillées.
 
 De la viande de chez le boucher : très peu pour ainsi dire… Si si ! Pour la soupe grasse, enfin le pot au feu, à la bonne année ou en cas de réception exceptionnelle, en famille, ben entendu. D’aucune fois, si… on achetait du boudin, des saucisses, mais pas souvent.

On mangeait d’abord nos produits : les lapins, les vieilles poules, « le biquet au printemps, ce jour là j’étais absente ». Ça, sûr, on tuait le cochon, une à deux fois par an  et ça offrait une formidable réserve de viande pour toute l'année.

Oui, oui, la semaine de la tuerie, la nourriture était suffisante, chacun s’en mettait plein le ventre jusqu’à en être gavé.Les grillades étaient prélevées alors que le cochon n’était pas refroidi.


 
 
Les andouilles et le jambon étaient mis à fumer dans la cheminée accrochés à une trique.

« Voulez-vous du boudin »

à chacun son tour quand on tuait le cochon, avec les amis, les voisins proches et la famille : on s’offrait du boudin, des saucisses, des grillades, du paté
 

L’autre moitié du cochon allait au charnier (potiche en grès). Un fond de sel, une couche de viande, une couche de sel, une couche de viande et ainsi de suite en finissant par une couche de sel, ainsi la viande était certaine de bien se conserver, plus tard nous mangions des soupes au lard comme le pot au feu, je me souviens de la soupe aux oreilles de cochon. 

  La grande journée, c’est les rilles
(rillettes) :



couper des petits dés de viande, ajouter un peu de sel et mijotant toute unne journée dans le chaudron, ben remuées avec un bâton réservé à c’t’effet était mises dans des pots en grès, en s’assurant qu’il y avait ben une bonne couche de graisse pour assurer la conservation, le saindoux (graisse) était précieusement conservé, il servait de base pour frire les viandes : ragouts, grillades etc...
Elles vont dûrer une partie de l'année, d'autant plus que pour le pain on est pas regardant.

Je me suis souvent entendu dire: mange ton pain, épargne la viande
 

Les desserts : des fruits de saison, fraises, guignes, prunnes, poires, pommes, du languas (c’est une sorte de compote faite avec des prunnes d’abricot), compotes de pommes…

Les jours de boulange ! Le four était dans la cuisine (la hûche dans la petite chambre là ou les frangins dormaient) étaient accotées au coin des bourrées de bois qui servaient à allumer la cheminée…

Quand le four était chaud, papa sortait les braises avec une râpe spéciale, puis enfournait avec sa pelle et un coup de maître les pains, brioches, patés aux fruits, bourdons… ça sentait bon !


   Pour prendre la marmite sur le feu, on se servait d’une poignée spéciale en fer pour tenir l'anse, de chiffons pour en prendre un pied. La prudence voulait que les personnes présentes s’éloignent
 



Le cite à la champieurre, mais dans la busse, y restait pas doux toute l’année, arrivé en mai, nous devions ajouter de l'eau.

Eh! la routie au cite, ça réchauffe en hiver et pour l’été, ren de pu gouleillant (sauf pour moi) qu’une miottée au cite bouché. La soupe au lait, c’était bon.

Pour cuire les aliments, nous avions une cuisinière à bois avec un bain marie qui nous fournissait de l'eau chaude.

Si il n’y avait ni miottée, ni routie, le repas s’attaquait par la soupe…

La cuisson de la soupe se faisait souvent dans la marmite appadençée à la crémaillère, les flammes léchaient les flancs ventrus de la marmite et quelquefois, la soupe avait goût de fumée.

 


La soupière était garnie de taille de pain et il fallait faire attention pour tremper la soupe de ne pas s’échauder

   Pour prendre la marmite sur le feu, on se servait d’une poignée spéciale en fer pour tenir l'anse, de chiffons pour en prendre un pied.

Malgré le danger que ça pouvait représenter, je ne connais personne qui se soit brûler ou échauder.

   La cheminée

Avez-vous regardé dans la cheminée ? cet énorme couloir obscur aux reliefs de suie et tout là-haut un petit carré de ciel !
 

Le feu dans la cheminée avait de nombreux usages: cuisson de presque tous les aliments dans la marmite, le grill placé sur la braise, c'était pour cuire des pommes, des marrons, pour les sardines (salées), le hareng saur. Devant les braises, les grandes tartines de pain que nous faisions griller, humm! les bonnes beurrées de beurre frais ou de rilles. 

'aimais bien rester au chaud le soir, assise sur ma chaise observant le feu, un vrai spectacle !... les flammes qui dansaient et servaient d'éclairage, le feu qui chantait, les crépitements et les gerbes d'étincelles, les chats qui dormaient et puis quand la cheminée était encore tiède, avez vous entendu ce son du grillon, ce cri-cri, de quel côté vient-il ? Le feu qui soufflait dans la cheminée… fuuuuu… fuuuu… c’était signe de visite.

Quand la chandelle était éteinte, se blotissaient dans le coin du foyer encore tiède de gros insectes noirs tout à fait inoffensifs.

Certains jours ou le vent était du mauvais côté, la cheminée tirait mal, le haut de la porte devait être maintenu entrouvert pour le bon fonctionnement de la cheminée, le courant d’air frais m’arrivait dans le dos, par contre j’m’brûlais les jambes et le visage.

 

Par Pauline - Publié dans : memoiresdepetitefille
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