Jeudi 4 janvier 2007 4 04 /01 /Jan /2007 23:03

 

 Les hommes à la campagne portait tous des casquettes et souvent autour de la taille, de larges ceintures de flanelle pour tenir les reins au chaud .Des ensembles bleus de travail: vestes et pantalons

Mes grands mères se coiffaient de fichus de laine noire ou de chapeaux de paille finement tressés . A l'occasion pour dépannage un mouchoir (ils étaient très grands à l'époque mais il fallait ça pour essuyer les suées) noué aux quatre coins, posé sur la tête protégeait du soleil .


 

patrimoine bigoudis1Vers les années 1950 j'ai eu ma première indéfrisable, c'était la mode: je me souviens de ces bigoudis si lourds que j'avais du mal à tenir ma tête droite
Le coiffeur enroulait les cheveux lavés et coupés avec grand soin, minucieusement  sur de petits bigoudis (très serrés), le tout imbibé d'un produit à forte odeur , par dessus les bigoudis étaient placés des pinces chaudes à la limite du supportable et ma tête était de plus en plus lourde ensuite rinçage et coiffage,il fallait compter l'après midi pour tout ça
 J'en ressortais frisée comme un caniche
et pour une année

Incroyable ça  au jour d'aujourd'hui


J'ai eu cette image à l'occasion des journées du patrimoine.

  
Les lits étaient rebondis par les matelas de laine ( confectionnés sur mesure par le bourrelier du coin ) et couettes garnies de plumes d'oies, de gros draps de cotons, couverture de laine + un couvrepied uni d'un côté, cretonne fleurie de l'autre, un traversin et deux gros gros oreillers. Quand nous faisions le lit nous devions retourner le matelas et battre la couette pour l'aérer avec le bâton de lit qui se trouvait entre le lit et l'armoire

 

Les matelas de lit des jeunes enfants étaient souvent garnis de balle d'avoine , saine et souple. Nous appelerions ça aujourd'hui  "écolo"

Dès que la saison était plus belle, nous profitions d'une belle journée pour aérer les couettes et matelas .

Ca faisait chaud et c'est pour ça qu'on disait: on va monter au lit.

à suivre



Non ce n'est pas ma grand'mère mais ça pourrait être son chapeau , sa blouse
le texte suivant j'ai vu sur le net mais il est exactement ce que j'ai vu et vécu

le tablier
Depuis le poulailler, le tablier servait à transporter les oeufs  .
  

Quand des visiteurs arrivaient, le tablier  servait d'abri à des enfants timides; et quand le vent était frais, Grand' Mère s'en emmitouflait les bras.

 

Ce bon vieux tablier faisait office de soufflet, agité au dessus du feu de bois .C'est lui qui transbahutait les pommes de terre et le bois sec jusque dans la cuisine.

Elles avaient les cheveux longs tenus sur la nuque par un chignon.

Le principal usage du tablier de Grand' mère était de protéger la robe de dessous, mais en plus de cela, il servait de gant pour retirer une poêle brûlante du fourneau; il était merveilleux pour essuyer les larmes des enfants, et à certaines occasions, pour nettoyer les frimousses salies.  

Les deux coins noués ensemble, il servait à mettre les haricots verts, quand le giron était plein il fallait le vider.
Elles portaient de grandes robes larges et longues de couleurs sombres, des chemises brodées à leur nom et de culottes fendues ... Elles portaient un corset  de coutis( baleiné) réglé par des lacets au dos , des jarretelles , des bas de laine ou coton.

 

Depuis le potager, il servait de panier pour de nombreux légumes.  Après que les petits pois aient  été récoltés venait le tour des choux. En fin de saison il était utilisé pour ramasser les pommes tombées de l'arbre. 
 

Grand' Mère l'utilisait aussi pour poser la tarte aux pommes  sur le rebord de la fenêtre pour qu'elle refroidisse.

 

Quand des visiteurs arrivaient de façon impromptue, c'était surprenant de voir avec qu'elle rapidité ce vieux tablier pouvait faire la poussière et aussi vite remiser à un clou derrière la porte de la cave.

 

Il était long et enveloppant, souvent en coton bleu avec de fines rayures blanches, les bretelles croisées au dos . 

Il faudra de bien longues années avant que quelqu'un invente quelque objet qui puisse remplacer ce bon vieux tablier indipensable et qui servait à tant de choses.


Les anciens de la campagne étaient souvent vêtus d'une veste et pantalon en gros velours côtelé, tissu de qualité acheté sur le marché le plus proche ou à un marchand ambulant qui passait régulièrement dans la campagne.  Les garçons étaient habillés de blouses, culottes courtes et bas de laine.

Quand un parent décédait, nous devions porté le deuil obligatoirement. La durée suivant le degré de parenté, faire teindre nos vêtements en noir chez le teinturier ou les renouveler.

chapeau-deuil.jpgQuant aux  femmes, pour les obsèques , elles portaient fixé au chapeau un voile de crêpe georgette rabattu sur le visage puis ensuite enroulé autour du chapeau.

Je me souviens  au remerciement  d'avoir embrassé quelques parentes du défunt !...Elles étaient donc sous ce grand voile noir plutot épais, nous ne les distinguions à peine, c'est le voile que nous embrassions .

 
On cousait pour les hommes au dessus de la manche, bras gauche un large brassard de crêpe noir.

Aujourd'hui le deuil est respecté le jour de la sépulture mais après !...Le deuil se fait dans le coeur, il se porte en soi.
La facade de la maison du défunt était souvent recouverte d'une grande tenture noire

 


     Le linge 

  L'armoire à linge était un peu l'orgueil de la maîtresse de maison pour l'ordre et la propreté qui y régnait, moitié pleine de draps et torchons en grosse toile de lin ou coton brodés aux initiales de la mariée , c'est elle qui amenait son trousseau.

Toutes broderies étaient faite à la main.

Un commerçant passait régurièrement chaque mois avec sa fourgonnette pour proposer d'acheter des blouses, tabliers...En satinette fond noir et petites fleurs, les tabliers étaient souvent bleu à fines rayures avec de longues bretelles pour croiser au dos .

Des vêtements de travail pour homme et de la mercerie beaucoup de coton à repriser: blanc, noir marron soit les couleurs de base. Oui les chaussettes n'étaient pas jetées quand il y avait un trou, elles étaient reprisées et rereprisées jusqu'à fin .

Le gros fil "au chinois" servait à coudre à la main les boutons, mettre des pièces aux vêtements fatigués.

Je me souviens vers 1950 d'aller en ville avec maman, les drapiers déroulaient les pièces de tissus sur les comptoirs de chêne cirés avec un habile claquement des doigts sur l'étoffe tendue ( Voyez donc si c' pas de la qualité ça ! ). Les flanelles, pilous , crêpes, taffetas, satin de coton, lainages étaient beaucoup vendus .


Madame Monceau, elle venait à pieds faire une journée de raccommodage à la main .

Elle devait mettre de grandes pièces aux vestons et pantalons d'hommes en gros cotons (pas facile à coudre) et repriser les chaussettes ! Interminable ravaudage et reprises fines au quadrillage parfait pour réduire et boucher les énormes trous causés par les sabots de bois.

Nous étions installées elle et moi, devant le four à pain à la lumière du jour face à la fenêtre.

Moi j'aimais bien elle me tenait compagnie ! c'est avec elle que j'ai appris à coudre et à tricoter .

Avec ce chauffe-pied là dans lequel je mettais de la braise pour les jours de froid .

Je la raccompagnais à son retour, je réglais mon pas sur le sien. Elle parce que ses jambes fatiguées trainaient sur la route! elle était âgée. Moi, c'était pour mieux être à son écoute , nous avions tellement de choses à nous dire

 La lessive

Elle était préparée à l'avance par nos soins ,le linge mis à tremper la veille et toute une nuit dans une bassine ( galvanisée) puis rincé..Les vestons et pantalons de travailleurs agricole étaient très sales.

La lessive de blanc était bouillie dans un chaudron avec un foyer à bois dessous.


Pardessus le linge était ajouté de l'eau, des critaux de soude, des restes de savons coupés en morceaux et de la poudre saponit.

 

   C'était une bien brave dame qui venait à la journée pour laver le linge familial à la mare, au lavoir. 

 

Agenouillée dans une sorte de boîte à 3 côtés garnie de paille et de sac de toile ; il fallait brosser à la brosse de chiendent, frotter, savonner, batoyer, rincer.

   L'hiver c'était froid, j'y ai lavé moi aussi.. Nous devions faire attention à ne pas pinger, le plancher étant usé par endroit...Ce n'était pas triste du tout er même que cette bien brave dame chantait tout en travaillant : Ah! Le petit vin blanc.. et d'autres, moi qui était gamine ça me plaisait bien.

Ma voisine Madeleine  était de mon âge, dans une mare voisine ,elle aussi lavait la buée de sa famille à 250m de là et faisions mi parcours pour faire une causette (  nous n'étions pas contrainte par l'horaire le temps était libre) la lessive tiède restant dans le chaudron servira pour le couleur du lendemain

Je me souviens à la belle saison de m'arrêtrer de laver pour observer une nichée de têtards que je voyais grandir au fil des semaines et...un plouf, c'était madame la grenouille. Je me souviens des pêches à la grenouille sans hameçon, simplement une baguette de coudre et un chiffon rouge

Nous emmenions les seaux de linge propre (à l'aide d'une brouette en bois) pour l'étendre au grand air dand le jardin.

Ensuite venait le temps du repassage : Je faisais chauffer les fers à repasser soit sur les ronds de la cuisinière à bois soit devant les braises de la cheminée

 

Pour témoin de la chaleur, le fait de le passer sur un chiffon de coton plié en plusieurs épaisseurs suffisait: si ça roussissait c'est que le fer était trop chaud. Les cols et jupons étaient amidonnés avec de l'eau de riz confection maison.

         Bribes de souvenirs

Tout se passait au mieux, mais il faut convenir que chez nous, les démonstrations d'affection ne se pratiquaient guère. Non, nous ne embrassions pas; mais nous nous aimions bien et chacun respectait l'autre. Maman, écrasée par les tâches était surmenée : les champs, les bêtes, la maison et les enfants : on a trop d'ouvraîge (ouvrage ) on a point le temps de faire des manières, disait' elle.

-----------------------

Des coucous, je me souviens de ce goût sucré qu’avaient ces fleurs.
Il y en avait partout au printemps, dans les prés, le long des talus. Nous en faisions des balles.


 
Beaucoup de violettes au parfum si délicat. En été des champs entiers de coquelicots, pâquerettes et bleuets... quel joli tableau !

J’étais friande des premières fraises sur les talus.

  Les soirs d’été, c’était un spectacle musical. Ben agréable ma foai. Fallait arriver à pas de loup, pas faire de bruit pour ne pas interrompre les coassements des gernouilles vertes et leurs ébats amoureux à notre arrivée.

Dans le pré du Perray, les champignons rosés à l’automne !
D’odeur agréable rappelant l’anis.

  Je me souviens toujours au petit matin, les pâtures jonchées de nombreux points blancs disposés en bande, ou en anneaux disposés autour d’une bouse sèche.
Je les vois encore: un vrai tableau, je m'empressais de remplir mon panier. Quel régal ces rosés, maman savait bien les cuisiner.

Une autre fois, je voyais près de moi l’herbe se soulever sur le passage silencieux d’une taupe à ras du sol ou un mulot qui pointait son nez.

Le bruit des crapeaux qui commençaient à lancer leur musique dès que la nuit tombait, cachés sous les pierres autour de la cour.

Notre maison


 
 

devant-la-maison-400.jpg Quand je vois cette photo, j'ai envie de vous y inviter et de vous faire entrer: la porte était à deux battants, une crouille en haut et une crouille en bas.
A droite ,le four à pain: intérieur de briques réfractaires et extérieur en métal galvanisé monté sur 4 pieds.
Au passage, je vous signale que deux "attrappe- mouche"collants étaient pendus au plafond pour les saisons d'été et d'automne.
A gauche du four: le fagot de bois pour alimenter la cheminée  
.
La cuisinière avec son four et son bain marie, tous les jours à froid, il fallait gratter le dessus avec de la toile émerie et un peu d'huile de coude . Ensuite nous y étallions de la pâte Zébrassier( c'était couleur alu) en frottant ça donnait une belle patine à la fonte.
Et puis une grande table et deux bancs , la boite à pains, un magnifique buffet deux
corps,l'évier en ciment.
Le pavé étaient en terre cuite rosés fades lavé le samedi avec les moyens du bord: balai de sorgot et à grand renfort de seillées d'eau claire puisées au puit bien évidemment .Une fois l'eau poussée vers la cour, quelquefois, une botte de paille était étallée sur toute la surface ! hé oui ça interpelle... pour accélérer le séchage ?
Au milieu de la chambre il y avait le poële avec un long tuyau allant vers la cheminée. Ce poële était émaillé bleu avec 2 portes ajourées d'arabesques; je m'endormais en regardant le reflet des flammes dansant sur le mur, de jolis dessins .
Ce poële ne suffisait pas à réchauffer le lit malgré les couvertures et couvre pieds, l'intérieur restait froid, nous devions y mettre une brique chauffée au four de la cuisinière ou une bouillote remplie d'eau chaude : déposée une 1/2 heure avant de se coucher .
Dans la journée pour les besoins , on allait dans un petit cabanon de bois  + ou moins - aéré de part ou autre ( + ou - habité par des araignées ou divers insectes de passage ), la porte fermait par un crochet, un vaste bacquet de bois était enterré, un coffre posé par dessus avec un trou rond. Du papier journal mis à disposition .
Pour la nuit , nous avions "le gars jules" c'était le pot de chambre en tôle émaillée et muni d'un couvercle; il avait sa place près du lit : pas discret le petit bruit musical qui accompagnait le pipi.
Le matin , il fallait vider le contenu sur le tas de fumier "compost"engrais naturel pour les cultures.
Au dessus de chaque lit, il y avait un Christ sur une croix de bois ... Brrr... Si les parents revenaient!... Que penseraient 'ils de voir le bon dieu à la brocante remis avec les objets sans valeur .
Je me souviens d'avoir été malade et d'être restée au lit avec de la fièvre, maman me mettait des bouillotes et tisanes de tilleuil  sucrées au miel (produit à la ferme bien entendu) 

Par Pauline - Publié dans : modes et coutumes
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Lundi 22 janvier 2007 1 22 /01 /Jan /2007 23:15

 

 Papa ne se rasait pas tous les jours, juste avant de se rechanger quand il avait une course à faire

(livrer ses légumes au Maraîcher Sarthois ). Il choisissait dans la mesure du possible ,l'heure la plus lumineuse du jour devant un miroir rectangulaire  muni d'une chaînette pour l'accrocher à une pointe entre la porte et la fenêtre ou en dessus de l'évier en ciment .IL fallait prévoir de mettre de l'eau à chauffer dans le bain marie de la cuisinière à bois ou dans une casserole .

Puis il affute longuement  sur un cuir à double face, son  coupe- choux. Après avoir enduit de savon Gibbs son menton plus rude que son blaireau, il commence un grattage en règle... Je me souviens du crissement de ce rasoir .

Nous n'avions pas de baignoire , nous nous lavions les pieds dans une bassine et le reste indépendemment avec du savon de Marseille .L'eau était tirée au puit et ramenèe à la cuisine  devant l'évier; le godet que vous voyez ici sur le seau, servait à prendre de l'eau ! une fois remplie il pouvait faire office de robinet. L'eau s'écoulait sur le pavé légèrement pentu vers l'extérieur dans la cour .

 à suivre

Par Pauline - Publié dans : memoiresdepetitefille
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 30 janvier 2007 2 30 /01 /Jan /2007 23:33

 

Le jardin

Mon père m'avait légué un petit coin pour moi, je cultivais le légume de saison et j'étais fière de voir pousser et récolter, faire ma caissette qu'il livrait avec sa récolte au maraîcher Sarthois et heureuse d'être récompensée par quelques pièces .

Derrière la maison  ce jardin n'était pas extraordinaire , mais depuis ce temps il m'a fait rêver bien des fois surtout la partie   ( genre jardin de curé) à gauche en entrant quelques parterres de fleurs composés d'oeillets mirlitons blancs magnifiques avec lesquels on m'avait confectionné ma couronne de communiante , de gros pieds de magnifiques pivoines rouges dont j'ai  conservé l'espèce .Souvent au pied de ces pivoines s'infiltrait un chapelet de fourmis très actif; une terre bien fine était rehaussée de curieuse façon et puis des Louises(oeillets de poète)

Des fuchsias, des lis blancs, des jonquilles, des narcisses, des giroflées, des pieds de lilas et au fond : un rosier qu'on appelait "rose mousse très odorantes mais avec des tiges épaisses de tous petits piquerons. Mes parents m'avaient réservé un coin de terrain : c'était mon jardin .

Aussi de temps en temps le matin: surprise! une taupe avait marqué son passage en faisant de jolies arabesques  A chaque saison sa fleur, même les roses de Noël.   Des nèfles, des prunes, des poires de Williams juteuses et sucrées... fondantes; tous ces fruits ne subissaient aucun traitement .
C'était l'assurance de notre garde-manger .
Des itinéraires de ballades, il y en avait; les champs étaient de petites parcelles entourées de haies de coudriers, de chênes, d'ormeaux, je pouvais cueillir les mures en toute sécurité et puis il y avait des (rotes) qui reliaient les chemins, aujourd'hui on dirait des chemins piétonniers.

Par Pauline - Publié dans : memoiresdepetitefille
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 13 mars 2008 4 13 /03 /Mars /2008 14:34

 

  La guerre

Les allemands, le sifflement des bombes, les avions qui portaient la mort dans leur ventre rasaient les prés, les maisons ; ils volaient très bas et on ne les voyait même pas arriver. undefined

Je me souviens m’être cachée dans la cave qui se trouvait en bas côté de la maison ( rez de chaussée) avec maman derrière les busses (fûts) de cidre. Dès que l’alerte sonnait, nous nous précipitions, nous avions peur de ces bombes qui tombaient tout autour de nous.

Le petit bois porte encore aujourd’hui traces de ces bombes.  

 

 

  undefined





Dans la cuisine, sur une étagère trônait le poste de radio, il ne servait que pour les nouvelles: "Ici Londres. Les français parlent aux français" tout ceci était un mystère pour moi auquel je ne comprenais rien.

Tous ces événements me dépassaient…

Les discutions entre grandes personnes empreintes d’inquiétude !

 

Ils avaient envahit la ferme, ils étaient partout.

 Je me souviens d’un petit matin, sortant de la chambre à coucher, d’avoir marché entre les jambes des Allemands couchés sur le sol en travers de la porte.

Ils dénichaient les poules et faisaient cuire les œufs sales dans notre soupe qui était entrain de cuire.

   

Je me souviens d’un soldat Allemand à la porte de notre maison, menaçant, tirant des coups de fusil parce que papa lui refusait de la goutte. ( couper cabèche) criait-il furieusement.

Je me rappelle : une bombe soufflante tombée dans le chemin d’en face, le souffle avait ouvert la fenêtre , gonflé les chemises et déstabilisé  deux réfugiés qui se trouvaient là à nos côtés.

Les allemands avaient installé leur char à canons dans le chemin derrière la maison et tout autour.

Un jour ma grand- mère affolée arrive en courant chez nous , se réfugie dans les toilettes. Quelle frayeur ! un boche avait forcé sa porte ,  la menaçant avec son fusil  pour prendre sa place dans son lit ; mon frère donnant l'alerte !... un voisin est arrivé et a tiré en direction du lit.

 Heureusement la balle a ricoché dans la laine , ce soldat n’a pas été tué. Une autre personne a eu l’idée de cacher sa moto. Nous pensions qu’il a dû être jugé par ses supérieurs pour abandon de matériel.

Ces soldats impressionnants, casqués, vêtus d'un uniforme vert de gris faisant claquer les talons de leurs sinistres bottes faisaient craindre le pire.

Un malchanceux,  misérable car il n’avait probablement pas choisi de nous faire la guerre, il n’avait pas le choix ! ce soldat Allemand .

 fut tué et enterré dans la haie des Mégrètières c’est mon frère Eugène qui a récupéré ses bottes.
Par la suite j’ai beaucoup entendu parler de l’usine Jenkers qui produisait des moteurs d’avions Allemands, elle se trouvait à côté du circuit ; 60 avions Anglais et Américains ont attaqué par formations successives de 5 à 6 appareils à basse altitude, ils ont lancé 450 à 500 bombes de 250 kg et quelques unes de 500kg. Dieu merci, les usines Junkers avait évacué le domicile depuis le bombardement du 14 mars 44 .

Deux cent immeubles détruits, l’usine est détruite en totalité.

14- 15 juin 1944 , attaque de la gare de triage , de la gare des voyageurs,

 19 avions à chaque attaque à la bombe, en piqué par mitraillage et à très basse altitude.

17 Juillet 44 -16h05 l’attaque a duré 5 minutes , 10 avions en piqué 12 bombes de 250kg.

24 Juillet durée 5 minutes, huit avions en piqué… la gare de triage  c’était là que les munitions étaient entreposées , elle a été complètement détruite.

Je vous en parle parce que je me souviens très bien d’avoir vu passé ces avions groupés effrayants, et lors d’une attaque à la gare de triage, nous entendions les explosions lointaines de munitions , la nuit le ciel était rose.

 

Monsieur et Madame Maurice, réfugiés par crainte des bombardements ( ligne de chemins de fer ) ils habitaient  rue de la briqueterie et préféraient coucher dans la soue à cochon ( le

Cochon dans un clos ben entendu.

 

Il y a quelques années seulement , j’ai visité le mémorial de Caen et vu un film.

 

J’ai reconnu le bruit de ces moteurs d’avions, puis toutes ces personnes à pied, à vélo qui fuyaient… un instant, je m’y suis  retrouvée et j’en ai été très émue.

   Voici un texte qui mérite d’être lu ; mentionné sur la tombe d’un soldat.  
    
    Ne venez pas sangloter sur ma tombe
        
Je ne suis pas là. Je ne dors pas.

Je suis les mille vents qui soufflent ;

Je suis les diamants qui scintillent sur la neige.

Je suis le rayon de soleil sur l’épi mûr ;

Je suis une aimable pluie d’automne.

Quand vous vous éveillez dans le silence du matin,

Je suis l’envol vif-argent

D’oiseaux parfaits qui tourbillonnent.

Je suis  l’étoile tendre qui scintille dans la nuit.

Ne venez pas pleurer sur ma tombe.

Je ne suis pas là ; je ne suis pas mort.
***
 

Les américains

Ils avaient installé leur campement dans le pré derrière l’étable et moi, j’allais les voir, je faisais le tour du champ et ramenais des bonbons et chewing-gum plein mon giron. Je me souviens avoir été photographiée dans les bras d’un de ces braves soldats sous un pommier. Les cochons n’ont jamais mangé autant de pain blanc (le reste de leurs rations) L’infirmerie était installée dans la grange. Des tas de masques à gaz, vêtements et couvertures étaient laissés sur place à leur départ ... Maman avait fait faire des chemises et chemisiers avec la toile blanche de parachute.

 

Par Pauline - Publié dans : guerre 39-45
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /Avr /2009 14:12

 Le jeudi j’allais au catéchisme pour faire ma première communion, Maman était croyante, papa ? y suivait…

Il est vrai que l’enfer et le saint esprit, nous ne comprenions pas vraiment, avec les curés...
Il y avait toujours des mystères partout.

J’étais allée à la ville avec maman pour faire l’achat de ma tenue de communiante, une belle robe de mousseline blanche, une jolie croix fixée par un ruban, coiffure, voile ,aube et  une jolie paire de souliers assortis

Pour faire ma communion, je devais obligatoirement apprendre le catéchisme par cœur.

 Tous les dimanches j’allais à la messe  et vêpres aussi avec mes petites voisines, l’église sentait bon l’encens et la cire d’abeille. C’était obligatoire de mettre un foulard ou quelque chose sur la tête.

La vieille de la communion : confession, nous devions nous remémorer des pêchers que nous avions commis si minimes pour moi mais il fallait ! pas de la rigolade

cure-visite2.jpgComme mes camarades à chacune notre tour : nous nous agenouillions pour la première fois  derrière le rideau du confessionnal, c’était intimidant : le curé était dissimulé derrière une grille de bois  et nous devions réciter :

Mon dieu, j’ai le très grand regret de vous avoir offensés et Bla Bla

Suit donc la pénitence : quelques je vous salue Marie récitée à genoux au fond de l’église  ceci avant de rentrer à la maison

 La messe est longue ,si longue avec ses prières en latin que  je ne comprenais pas

Debout, à genoux tête baissée et assis pour le sermon qui n’en finissait pas . Heureusement pour casser cette monotonie, il y avait monsieur Maurice qui avec sa voix de ténor nous chantait de merveilleux cantiques.

Puis venait le temps de la communion, le grand moment ou tous agenouillés devant  la sainte table en tendant très fort la langue  quand le prêtre vient y déposer l’ostie


C’était à l’ascension au mois de mai. Ce jour là, c’était fête, la grande nappe blanche était sur la table, mes oncles et tantes étaient invités sans oublier bien sur, mon parrain et ma marraine.
A la procession du matin nous devions tenir des cierges ( très important) c’est avec ferveur que nous chantions tous en cœur:

«Prends ma couronne, je te la donne.
Au ciel n’est ce pas, tu me la rendras…»


26 Mai 1949

Mon cadeau de communion a été un missel, un chapelet et un couvert en argent.
.

 La veille de ma communion, monsieur Guillochon , un jardinier
sympathique m’avait confectionné une belle couronne d’oeillets blancs  (des mirlitons doubles)et j'en était très fière

 

 

ici, c'est Maurice

Le  mariage

Le mariage de mon frère aîné je me souviens, une joyeuse fête, il y avait un cortège partant de la ferme accompagné d’accordéonistes ( frères Coutelle) allant jusqu’à la mairie, toutes les jeunes filles avaient des robes longues confectionnées sur mesure et dans de très jolis tissus. Chaque fille avait son cavalier .

Dans la cour de la ferme, un parquet était installé et c’est là que les festivités (réjouissances) avaient lieu, pour mes frères cadets… pareil… et ces jours là, tout le monde était sur son trente et un !

Au petit matin, les mariés quittaient secrètement l'assistance et quelques personnes déléguées se cachaient  pour espionner (la cachette,) quelques temps plus tard, une surprise attendait les mariés :c'est à cet instant qu'une partie des invités arrive à pas de loup sans frapper espérant trouver les mariés entrelacés ... beaucoup de joie et éclats de rire à cet instant .
On amène par la même occasion la routie que les mariés doivent manger.
La routie était composée de vin (ou de cidre) dans lequel on avait mis à tremper des tranches de pain grillé et présentée dans un vase de nuit (pot de chambre) agrémentée pour le décor de chocolat et ouate.

Selon le vent
 
 
    

  Je me souviens des cloches des églises ! nous les entendions au loin dans le calme de la campagne, selon le sens du vent nous entendions Allonnes, Pruillé le chétif, st Georges du plain ou du bois, Rouillon  et tout le Mans . Imaginer !... rien qu'un instant, ce bonheur .
Le dimanche et fêtes elles sonnaient presque toutes en même temps, il y avait messe partout.

 Elles sonnaient les évènements heureux :
baptêmes, mariages ou le glas pour annoncer qu'un paroissien était parti pour l'au delà.

Matin, midi et soir c'était pour l'angélus (prière ). Pour nous en fin de journée, ça voulait dire qu'il était  7h: les montres et horloges étaient souvent réglées en fonction des angélus*

Les cloches étaient sonnées par le sacristain, un enfant de coeur ou une bonne âme de la commune.

Les cloches des églises paroissiales avaient un language et jouaient un rôle important dans nos vies.

 


  
 

 

Par Pauline - Publié dans : memoiresdepetitefille
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /Avr /2009 14:18

  
  
Le cheval était chez nous employé pour tous les travaux de la terre, il rendait de grands services pour transporter les charretées de bois,
 
les foins, la moisson, la récolte de betteraves, pommes de terre que nous ramassions à la main :une fois dans les paniers, nous devions en remplir le tombereau.
 
Maman disait : «si les choux sont gelés, demain on donnera des lisettes (betteraves) aux vaches.»
 
A la brouette, il fallait ramener les betteraves décrottées dans la petite étable ; s’agenouiller pour les gratter une à une (avec un couteau) car, entre elles, notre terre argileuse s’était incrustée. Les betteraves doivent être parfaitement propres. 
 
 Agenouillée sur une poche ( sac de toile plié en quatre ), la goutte au nez, les mains froides, gercées, mal au dos et tant pis...on va remplir la brouette de nouveau et la ramener vide 
 AH ! qu’eu diable ! le coupe-racines couine à chaque tour t coupe mal. ça manque un peu de graisse, faut y mettre un coup d'huile de coude, la manivelle est dure à pousser.
Les betteraves tombent fines et larges dans la bassine et ce le soir à la lumière incertaine d’un falot accroché à une cheville dans l’étable

 De plus, l’hiver, les bêtes ne sortaient pas. Il fallait tirer de l’eau au puits en tournant la grande roue, et leur porter dans un seau pour les faire boire.
 
           
 

Je me souviens des paniers de feuilles d’ormeaux à "érusser "(ôter les feuilles d'une tige, effeuiller )pour les cochons et des brouettées de feuilles de choux. La terre était collante, nous devions décrotter nos semelles de sabots devenues trop épaisses en les frappant l'une contre l'autre et les sabots s'allégeaient
 
La charrette à bras en bois, c’était folklo !
Après avoir coupé l’herbe dans la vigne à la faucille et l’avoir chargée, nous devions la monter par le chemin : il était en creux et cahoteux. Le plus fort s’attelait dans les limons, puis nous poussions derrière de toutes nos forces. Et si nous étions assez nombreux, on attachait des cordes aux limons pour s’atteler devant.
Puis avec un double aïgne, douleur et victoire mêlés.
 
Mes parents cultivaient du trèfle rouge. Je me souviens de la douceur de cette fleur. Les champs étaient rouges.
Papa faisait pousser ses endives dans la bosse de trèfle. 

Par Pauline - Publié dans : memoiresdepetitefille
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /Avr /2009 20:31


  De la soupe, pour mon compte, j’en ai mangé des marmitées… mais ça ne m’a pas fait grandir pour ça, tous les soirs : des truffes… Chacun se les pieume(éplucher), avec de la salade, ben éguermillées, ben touillées.
 
 De la viande de chez le boucher : très peu pour ainsi dire… Si si ! Pour la soupe grasse, enfin le pot au feu, à la bonne année ou en cas de réception exceptionnelle, en famille, ben entendu. D’aucune fois, si… on achetait du boudin, des saucisses, mais pas souvent.

On mangeait d’abord nos produits : les lapins, les vieilles poules, « le biquet au printemps, ce jour là j’étais absente ». Ça, sûr, on tuait le cochon, une à deux fois par an  et ça offrait une formidable réserve de viande pour toute l'année.

Oui, oui, la semaine de la tuerie, la nourriture était suffisante, chacun s’en mettait plein le ventre jusqu’à en être gavé.Les grillades étaient prélevées alors que le cochon n’était pas refroidi.


 
 
Les andouilles et le jambon étaient mis à fumer dans la cheminée accrochés à une trique.

« Voulez-vous du boudin »

à chacun son tour quand on tuait le cochon, avec les amis, les voisins proches et la famille : on s’offrait du boudin, des saucisses, des grillades, du paté
 

L’autre moitié du cochon allait au charnier (potiche en grès). Un fond de sel, une couche de viande, une couche de sel, une couche de viande et ainsi de suite en finissant par une couche de sel, ainsi la viande était certaine de bien se conserver, plus tard nous mangions des soupes au lard comme le pot au feu, je me souviens de la soupe aux oreilles de cochon. 

  La grande journée, c’est les rilles
(rillettes) :



couper des petits dés de viande, ajouter un peu de sel et mijotant toute unne journée dans le chaudron, ben remuées avec un bâton réservé à c’t’effet était mises dans des pots en grès, en s’assurant qu’il y avait ben une bonne couche de graisse pour assurer la conservation, le saindoux (graisse) était précieusement conservé, il servait de base pour frire les viandes : ragouts, grillades etc...
Elles vont dûrer une partie de l'année, d'autant plus que pour le pain on est pas regardant.

Je me suis souvent entendu dire: mange ton pain, épargne la viande
 

Les desserts : des fruits de saison, fraises, guignes, prunnes, poires, pommes, du languas (c’est une sorte de compote faite avec des prunnes d’abricot), compotes de pommes…

Les jours de boulange ! Le four était dans la cuisine (la hûche dans la petite chambre là ou les frangins dormaient) étaient accotées au coin des bourrées de bois qui servaient à allumer la cheminée…

Quand le four était chaud, papa sortait les braises avec une râpe spéciale, puis enfournait avec sa pelle et un coup de maître les pains, brioches, patés aux fruits, bourdons… ça sentait bon !


   Pour prendre la marmite sur le feu, on se servait d’une poignée spéciale en fer pour tenir l'anse, de chiffons pour en prendre un pied. La prudence voulait que les personnes présentes s’éloignent
 



Le cite à la champieurre, mais dans la busse, y restait pas doux toute l’année, arrivé en mai, nous devions ajouter de l'eau.

Eh! la routie au cite, ça réchauffe en hiver et pour l’été, ren de pu gouleillant (sauf pour moi) qu’une miottée au cite bouché. La soupe au lait, c’était bon.

Pour cuire les aliments, nous avions une cuisinière à bois avec un bain marie qui nous fournissait de l'eau chaude.

Si il n’y avait ni miottée, ni routie, le repas s’attaquait par la soupe…

La cuisson de la soupe se faisait souvent dans la marmite appadençée à la crémaillère, les flammes léchaient les flancs ventrus de la marmite et quelquefois, la soupe avait goût de fumée.

 


La soupière était garnie de taille de pain et il fallait faire attention pour tremper la soupe de ne pas s’échauder

   Pour prendre la marmite sur le feu, on se servait d’une poignée spéciale en fer pour tenir l'anse, de chiffons pour en prendre un pied.

Malgré le danger que ça pouvait représenter, je ne connais personne qui se soit brûler ou échauder.

   La cheminée

Avez-vous regardé dans la cheminée ? cet énorme couloir obscur aux reliefs de suie et tout là-haut un petit carré de ciel !
 

Le feu dans la cheminée avait de nombreux usages: cuisson de presque tous les aliments dans la marmite, le grill placé sur la braise, c'était pour cuire des pommes, des marrons, pour les sardines (salées), le hareng saur. Devant les braises, les grandes tartines de pain que nous faisions griller, humm! les bonnes beurrées de beurre frais ou de rilles. 

'aimais bien rester au chaud le soir, assise sur ma chaise observant le feu, un vrai spectacle !... les flammes qui dansaient et servaient d'éclairage, le feu qui chantait, les crépitements et les gerbes d'étincelles, les chats qui dormaient et puis quand la cheminée était encore tiède, avez vous entendu ce son du grillon, ce cri-cri, de quel côté vient-il ? Le feu qui soufflait dans la cheminée… fuuuuu… fuuuu… c’était signe de visite.

Quand la chandelle était éteinte, se blotissaient dans le coin du foyer encore tiède de gros insectes noirs tout à fait inoffensifs.

Certains jours ou le vent était du mauvais côté, la cheminée tirait mal, le haut de la porte devait être maintenu entrouvert pour le bon fonctionnement de la cheminée, le courant d’air frais m’arrivait dans le dos, par contre j’m’brûlais les jambes et le visage.

 

Par Pauline - Publié dans : memoiresdepetitefille
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /Avr /2009 12:01

 

 

Avant l’école pour nous instruire : rien. Pas de radio ! si pour les nouvelles seulement, ni de télé, aucune communication avec le monde extérieur. Même à table, nous devions nous taire et manger notre soupe…

J’ai commencé l’école dès que la guerre 39-45 a été finie, ça me faisait 8 ans et nous avions un long parcours dans les routes de campagne ( à pied) mes parents m’avaient acheté un cartable en carton bouilli.

 


Ecole Robert Garnier  le Mans  Sarthe

Leçon de morale tous les matins :
politesse, respect, obéissance.
 A ce jour ou j'écris ces quelques lignes, il semble que ces valeurs fondamentales ne sont plus respestées
.

Ma première maîtresse d’école brandissait un grand bâton pour suivre au tableau mais le brandissait vers nous de temps en temps


Les tables étaient des pupitres portant une rainure pour retenir les crayons, un trou dans la table recevait un encrier que nous remplissions avec de l’encre violette, nous avions du mauvais papier (de bois) avec des bouts qui se détachaient au contact de la plume. La plume, ah! parlons en ...
Dès le début de la scolarité, la grande partie du temps était consacrée à faire des lettres avec des pleins et déliés. Tremper la plume dans l'encre, bien doser ! ... Ni trop, ni trop peu d'encre afin de ne faire ni rayures ni taches (pâtés, gros ou petits) en cas de taches, vite le buvard pour éponger les dégats et puis la gomme spéciale encre qui déchire et même voire l'expérience d'un trou.


Pour les punitions: à la porte durant la sonneries de récréation, des lignes, des tours de cour avec les mains au dos, le bonnet d’âne était présent, mais ne servait que très peu
 Au beau milieu de la classe était le poêle (un gros !) alimenté au charbon.


A la récré, on jouait au loup couru, chat perché, aux osselets, à la corde, à la ronde dont voici deux lignes (laisser passer le petit St Jean, pour aller voir sa maman au champ…)

Je me souviens de la fête des écoles dans les quinquonces des Jacobins

Tous habillés de blanc, les élèves de la ville se réunissaient pour une belle fête de gymnastique, j’étais fière ce jour là d’être en blanc et de participer.

A la fin de l’année scolaire, chaque élève recevait un prix : souvent un beau livre cartonné rouge et les écritures de couverture en dorure. Le certificat que j’ai eu à quatorze ans était un prestige que l’on ne peut imaginer aujourd’hui. Dès l'école finit, le travail à la ferme était de rigueur, une valeur qui s'impose à tous, une obligation qui ne se discute pas, je regrette encore d’avoir cessée l’école, mes frères comme moi !

A la ferme, mes parents avaient besoin de bras et puis chez nous, les études ça n’existe pas (surtout pour une fille). C’était mal vu de faignassier à lire…
A
mon certificat, j’ai eu un beau vélo. Quand j’ai appris à en faire, je ne vous parlerais pas de la chute dans la haie d'épines… Je me souviens... de ce jour là.
Le matin, quand j’étais petite, je partais souvent avec dans mon mouchoir des cristaux de camphre : un désinfectant pour éloigner le rhume.

Pour mes premières années d’école, des blouses noires avec un filet rouge ou bleu, bien repassées en gros coton satiné, des sarraus ceinturés pour les garçons avec des plis quelquefois devant, c’était comme ça… Cette blouse d'école faisait la semaine sans être lavée, pour la maison, nous remettions une blouse usagée de l'année précédente
Du lait était distribué à tous les élèves dans des timbales en aluminium, et j’étais obligée de le boire et je n’aimais pas ça. J’avais des bottillons en cuir à lacets et semelles de bois, ça faisait un de ces bruits en montant l’escalier qui conduisait à la classe. Vous me direz : on ne s’en gênait pas.


Allez viens, monte ! J’ t’emmène… Je me rappelle ma marraine Albertine qui m’avait rattrapée sur le parcours de l’école et fait monter dans sa carriole.
 

Je n’étais pas hardie car l’assise n’était pas stable. Ce n’était qu’une planche et ça cahotait dur, le cheval trottait, les grelots tintaient.

A cette époque là, les filles et les garçons n'étaient pas ensemble à l'école.

Il y avait l'école des filles et celle des garçons. Quand nous étions sages, que leçons étaient bien apprises ou que le travail demandé avait été effectué correctement, nous recevions un "bon point" qui ajouté à d'autres permettait d'obtenir la fameuse belle image ! Nous nous contentions de peu.
Le matin, l'un d'entre-nous était chargé de "tirer la sonnette" (c'était un honneur)

et tous, nous nous mettions en rangs par deux , on pouvait entrer avec calme .

dans le bâtiment, longer les couloirs, arpenter les escaliers et pénétrer enfin dans la salle de classe.


 
Trois km pour aller à l'école avec mes sabots montants à semelles de bois. Le midi, je dinais chez mes grands parents. Ma grand'mère, je me souviens, avec ses ulcères variqueux qui lui contournaient la cheville, se levait tôt le matin, pour vendre sa récolte de fruits, légumes et fleurs en poussant sa charrette à bras dans les rues du Mans, 

Un petit café par ci ,un petit gâteau par là, ses clientes étaient aussi des confidentes et amies.

Je me souviens de Yvette Béquin accompagnée de son frère qui venaient tous les jours de la ferme en dessous du verger avec ses laitières chercher du lait même l’hiver au petit matin , il faisait nuit, ils avaient une pile pour s ‘éclairer ! et cela avant de partir pour l’école à pied jusqu’à Pruillé- le- chétif. Yvette était l’aînée d’une famille de treize enfants, il n’y avait aucune aide, ils étaient très pauvres.

Mon frère Jean aimait s'amuser et pour ce, avait été puni et sa maîtresse d’école l’avait mis au fond du bureau : devant ses jambes , il se trouvait un panier avec des épingles à linge et Jean ,un peu espiègle avait mis les épingles autour de sa robe… évidemment ce fût le fou rire dès qu’elle s’est levée.


  Sur le parcours de l’école il y avait un chenil et dès que nous apparaissions les chiens accouraient en aboyant et pour certains hargneux ; un jour un berger allemand c’est échappé et a déchiré la cape de ma compagne de route, nous avions eu une grosse frayeur.

Rue du Follerey il y avait quatre maisons, le reste était des champs en pâture ; le chemin du vieux colombier était en creux, deux mettre au moins et des jardins tout du long. Il y avait aussi un seringa énorme qui faisait tonnelle et je vous parle du parfum qu’elle agrément le matin à la fraîche.

 

Par Pauline - Publié dans : memoiresdepetitefille
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Samedi 25 avril 2009 6 25 /04 /Avr /2009 19:11

Soupe à la poule  de ma jeunesse

Choisir une poule de l'année précédente élevée au grain et en plein air.

Mettre de l'eau froide, du gros sel et la poule dans une marmite

Amener à ébullition, écumer.

Ajouter des carottes, des poireaux et un navet.
surtout pas de pomme de terre
Mettre un peu de persil et quelques feuilles de céleri, selon les gouts.
Laisser cuire: deux heures.
Retirer la poule.Elle peut être mangée avec de la mayonnaise ou de la vinaigette
Les légumes servent d'accompagnement.
Passer le bouillon et le faire bouillir à nouveau.
Yajouter du vermicelle ou du pain selon les gôuts.

Les proportions sont selon vos besoins mais attention pas trop de sel


Par Pauline - Publié dans : recettes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 01:31

Pour 4 personnes

Ingrédients : 1 lapin d'1 kg environ, 1/21 de cidre, 500 g de châtaignes fraîches (ou 570 g égouttées en conserve), 3 tranches de lard fumé maigre, 2 cuillères à soupe de beurre à la fleur de sel, 2 cuillères à soupe de farine, 1 bouquet garni (thym, laurier, romarin), 1 gousse d’ail, sel, poivre.

Conseils d’approvisionnement :

Pas obliger de mettre des chataignes. Préférer un cidre bouché doux. Si vous preferer mettre de châtaignes prenez les en boites .

Réalisation : 

2 - Couper le lapin en morceaux, les dorer sur toutes leurs faces dans la cocotte avec le beurre à feu vif. Ajouter le lard coupé finement 

3 - Eplucher l'ail, le mettre avec deux cuillères à soupe de farine sur le lapin, mélanger, déposer le bouquet garni, assaisonner. Ajouter le cidre et couvrir la cocotte. Cuire à feu vif jusqu'à ébullition. Baisser le feu et laisser mijoter 30 minutes à feu moyen. 

4 -Recouvrir de châtaignes et laisser à nouveau 15 minutes à feu doux. 

5 - Servir bien chaud.

Idées :

Ce lapin peut être cuisiné sans les châtaignes. Dans ce cas, il sera agréable de l'accompagner de légumes cuits à la vapeur, tels que des champignons, du chou-fleur, des carottes ou encore de pommes entières cuites au four.

Boisson conseillée

Cidre ou vin de Jasnières

Par Pauline - Publié dans : recettes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Texte Libre

Et voilà !...
J'arrête l'horloge des ans pour
tenter de vous expliquer ce
qu'a été ma jeunesse

écouter

 


 


 

  
               
         c'moi
    
               falot
   lampe carbure

  pour faire des
   fagots

Présentation

Liens

Créer un Blog

Derniers Commentaires

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus